Workshop Interpartenaire à Plateforme C : création d’un jardin vertical

Cette année, la classe de 1ère année du BTS Design Graphique de Léonard de Vinci et celle de 2ème année du BTSA Aménagements Paysagers du lycée Rieffel travaillent sur un projet de jardin vertical à destination des personnes âgées ou à mobilité réduite en partenariat avec Plateforme C.

 

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Le projet est né d’une rencontre à Plateforme C entre les deux lycées l’année dernière. Comme le précise Hélène Goyon de Courmakou, enseignante référente du projet pour le lycée Léonard de Vinci, “le but était de partir sur un objet commun mais où chacun avait son travail à faire”. Les étudiants du Lycée Rieffel ont été chargés de toute la partie concernant la réalisation de coffrages et supports du jardin et ceux de Léonard de Vinci se concentrent sur la conception d’une signalétique facilement identifiable par le public visé. Le jardin sera réalisée avec des matériaux de récupération, notamment des palettes. Une date est prévue en avril pour aller installer les jardinières afin que le jardin soit opérationnel dès septembre prochain.

Pendant le workshop du 21 mars, nous sommes allés à la rencontre des étudiants du BTS Design Graphique pendant leur temps de travail à Plateforme C.

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Leur travail a consisté à réaliser 7 visuels de fleurs qui seront utilisées sur les structures du jardin vertical. Ils ont donc généré 7 pictogrammes lisibles qui pourraient être interprétés en découpe laser sur du bois. Ils ont eu plusieurs critères à prendre en compte. En septembre dernier, les étudiants de Rieffel leur ont présenté les lieux où sera implanté le jardin vertical. “Cela nous a permis de nous rendre compte de la dimension physique et naturelle dans laquelle allaient s’inscrire nos pictogrammes. Il ne fallait pas qu’ils soient trop petits par exemple”, explique Hélène.

Des questions vis-à-vis du public pour lequel est destiné le jardin ont aussi émergé : “On a questionné la notion de reconnaissance. Si on travaille avec des personnes à mobilité réduite, elles n’ont pas forcément la même lecture à la même hauteur qu’une personne qui se tient debout. Si c’est une personne âgée, elle ne voit peut-être plus très clair. Si c’est une personne déficiente, il faut que ça soit facilement identifiable. Donc on a abordé ça en design graphique par la simplification et la stylisation formelle”.

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Les 7 fleurs que chaque étudiant était chargé de créer doivent former un tout unifié. Après avoir exploré pendant trois semaines librement, plastiquement et graphiquement des fleurs, (via la couture, la photo, les pochoirs…), ils ont dû fabriquer leur famille de fleurs à partir de ces interprétations graphiques. Puis un vote a été soumis parmi les élèves pour élire le projet dont la gamme sera proposée au lycée Rieffel pour qu’ils puissent l’adapter au jardin.

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À Plateforme C, deux sessions de travail ont été organisées pour les étudiants pendant lesquels ils ont été initiés à la découpe laser ainsi qu’au logiciel Inkscape. La difficulté a été d’interpréter leur charte de couleurs et formes de leur famille de fleurs sur Inkscape alors qu’elle avait été initialement réalisée sur Illustrator. “C’est une autre paire de manche…” nous dit Hélène. En revanche, d’après les étudiants, apprendre le fonctionnement de la découpe laser a été bien plus aisé.

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L’avantage de travailler à Plateforme C ? Cela leur permet de découvrir un fablab et ses machines, une grande première pour ces étudiants. En effet, pour la grande majorité d’entre eux, c’est la première fois qu’ils mettent les pieds dans un fablab. D’après eux, le fablab est “une belle initative”, mais il est “dommage que ce soit aussi peu connu et loin de notre école” : en effet les étudiants viennent de Montaigu. Mais que les nouveaux initiés aux fablabs se rassurent, l’une d’entre eux rappelle qu’il existe un fablab à Montaigu.

L’autre intérêt, c’est, d’après Hélène, qu’ici que se forme un important réseau des écoles d’Arts Appliqués de Nantes : “Si on y était pas, on raterait comme même quelque chose au niveau des rencontres entre les écoles, les étudiants…Cette communication qui existe dans le fablab, on peut pas l’avoir ailleurs”.

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Des projets pour l’année prochaine? Sûrement un nouveau projet avec Plateforme C, cette fois-ci davantage autour de la fraiseuse numérique pour la création de pochoirs. De nouvelles découvertes au programme pour les étudiants !

 

 

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# MAKER À COEUR : Clément, passionné de musique et graveur de vinyles en devenir

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Découvrez le portrait de Clément, jeune maker de Plateforme C

Clément travaille actuellement sur la fabrication de son propre graveur de vinyles et il souhaite, à terme, réussir à démocratiser le procédé complexe de la gravure. Cette semaine, il nous a exposé son projet et aussi sa vision de Plateforme C.

 

Bonjour Clément, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Clément et j’ai 26 ans. Je suis issu d’une formation dans les matériaux composites, (j’ai passé un master en éco-conception) et dans le cadre de mes expériences professionnelles j’ai travaillé dans le domaine des composites (dans les secteurs de l’aéronautique par exemple). Dernièrement j’avais envie de développer un projet plus personnel avec un objectif professionnel à la clé afin de me sentir plus impliqué dans ce que je fais au jour le jour. J’ai voulu réunir ma passion pour la musique (afrobeat, rockpsyché, techno…) et mes aspirations pour ma vie professionnelle, c’est-à-dire travailler sur les matériaux, un peu de mécanique, et aussi autour des outils numériques.

Comment est né ton projet ?

Mon projet est né il y a environ un an quand j’ai découvert la gravure, qui est une technologie qui existe depuis plusieurs dizaines d’années. Je me suis dit que ça avait l’air super bien mais aussi que c’était quelque chose de très technique. J’avais tout d’abord envie d’apprendre comment le procédé et les machines pour graver fonctionnaient mais aussi de rendre ça plus accessible. Je trouve que le paysage musical est en train de changer. Les gens qui produisent de la musique et qui veulent la distribuer ont aujourd’hui pas mal de problèmes au niveau de leurs délais, des quantités possibles qu’ils peuvent produire. On voit qu’il y a un regain d’intérêt pour la matière, pour le support physique de musique : c’est pour ça que je me suis plus intéressé notamment au vinyle. Avec la gravure je me suis dit que c’était possible de produire des disques en petite quantité. Mais je n’invente rien, la gravure existe déjà ! Ce que j’essaye de faire avec ce projet c’est personnellement d’apprendre cette technique et ensuite d’essayer de la démocratiser en faisant mon propre graveur.

Qu’est-ce qui t’as conduit à mener ce projet à Plateforme C ?

J’avais besoin de produire des pièces, de faire des choses simples comme couper, percer … et chez moi ce n’était pas possible. Je suis revenu frapper ici parce que je connaissais un peu le lieu et que je voulais, non seulement développer mon projet, mais aussi rencontrer des gens, partager mes idées et voir s’il y avait un retour dessus et si je pouvais rencontrer des gens qui puissent m’aider. La gravure c’est vraiment un domaine hyper technique et très difficile à maîtriser. Donc je voulais voir si je pouvais monter une équipe autour de ce projet-là. Après ici il se trouve que chacun a ses propres projets et aujourd’hui je n’ai pas trouvé quelqu’un à Nantes avec qui travailler. Mais j’ai des contacts sur Marseille, sur des forums… C’est vrai qu’au fablab je suis venu plutôt dans l’idée d’utiliser les outils et j’ai pu notamment apprendre à me servir des imprimantes 3D pour fabriquer mes pièces sur mesure pour le graveur, aussi d’outils plus simples (comme les perceuses, la fraiseuse…). J’ai pu avoir la chance de participer à un apéro|projets en novembre pour me faire connaître un peu plus.

Comment imagines-tu la suite de ton projet ?

Je ne sais pas encore où j’en suis, pour l’instant je me concentre sur l’apprentissage de la gravure. J’aimerais quand même essayer de protéger ce que j’ai fait, pas simplement dire “allez-y servez-vous”, ce n’est pas si simple l’open source… Si j’arrive à obtenir des résultats intéressants avec cette machine, je pourrai par exemple vendre des machines en kit avec une protection au niveau de la vente, former des gens à la gravure ou bien, si je vois que les gens n’ont pas forcément envie d’avoir leur propre machine, je pourrai simplement faire de la gravure pour des artistes avec mon graveur. Mais de toute façon, tant que je n’ai pas de machine qui fonctionne, c’est compliqué. Les résultats que j’ai obtenus en décembre n’étaient pas de très bonne qualité, ça grésillait… J’ai vraiment essayé de faire avec ce que j’avais sur la main. Depuis le début de l’année, je suis en train d’essayer d’améliorer la machine après avoir vu quels problèmes j’avais. Je reviens ici depuis quelques semaines pour essayer de réimprimer de nouvelles pièces, modifier ma machine pour qu’elle fonctionne mieux et soit plus précise ! Au fur et à mesure que j’avance dans mon projet, je me rends compte que la gravure est très complexe et peu accessible. Je me demande si plus tard les gens voudront vraiment avoir leur propre machine, est-ce que ça sera vraiment faisable… Ça demande beaucoup de connaissances. Mais le but reste quand même de le rendre plus accessible de la même manière que les imprimantes 3D.

Tu fréquentes Plateforme C depuis environ un an, qu’est-ce qui t’a marqué la ou les premières fois que tu es venu ici ?

Les premières fois c’était pour faire des initiations aux imprimantes 3D justement. J’avais déjà dans l’idée que je voulais produire mes pièces et j’ai rencontré des gens qui m’ont permis de prendre ces machines en main. C’était l’été et il y avait peu de monde, du coup c’était plus facile de discuter, c’était sympa. Je pouvais prendre le temps de comprendre comment fonctionnait la machine. C’est ça que j’aime au fablab, c’est le simple fait de prendre le temps de discuter avec les gens, de pouvoir se réunir autour d’un projet, d’une machine…

Si vous êtes intéressés par ce sujet ou bien vous-mêmes en train de fabriquer votre graveur, n’hésitez pas à visiter le site de Clément.

# MAKER À COEUR : L’Atelier Lugus

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Voici un nouveau portrait de nos usagers de Plateforme C : Jérémie et David, de l’Atelier Lugus !

Nous avons rencontré Jérémie et David, qui fréquentent le fablab dans le cadre de leur projet de création mobilier, l’Atelier Lugus. Ils ont accepté de répondre à quelques questions.

Bonjour ! Pouvez-vous vous présentez brièvement ?

Jérémie : Alors, Jérémie Goriaux, j’ai 36 ans et je suis revenu sur Nantes depuis trois ans et demi et je suis charpentier, technicien cordiste et plasticien.

David : David Guyon, j’ai 30 ans, j’ai une formation d’architecte à la base et je suis à Nantes depuis deux ans environ.

Comment s’est faite votre rencontre et la naissance de votre projet ?

Jérémie : Alors nous nous sommes rencontrés en faisant des percussions brésiliennes, nous étions dans la même formation de batucada sur Nantes. Et puis en discutant, et bien il s’est trouvé qu’on avait besoin un peu chacun des compétences de l’autre. On a commencé à collaborer de façon informelle sur nos projets respectifs, l’un apportant à l’autre ce dont il avait besoin soit sur des savoir-faire numériques ou des savoir-faire manuels.

David : C’était il y a deux ans à peu près.

Jérémie : Voilà. Les choses se passant bien et puis étant chacun sans emploi, on s’est dit que ça pouvait coller de travailler ensemble. On partageait des objectifs de travail, une éthique…

Est-ce que vous connaissiez déjà Plateforme C ?

David : Moi, j’étais déjà venu faire une visite de présentation du site mais sans avoir de besoins donc je n’ai pas trouvé comment y rentrer. Je trouvais l’idée géniale mais je ne voyais pas en quoi ça me servirait à ce moment-là. Et puis on y est revenu naturellement parce que pour le coup on avait un projet concret et on savait qu’à Plateforme C on pouvait trouver les solutions techniques aux problèmes auxquels on était confrontés.

Et en quoi est-ce Plateforme C vous a aidé ? Etait-ce par rapport  à l’espace, au matériel, aux personnes rencontrées ?

Jérémie : Alors on avait une nécessité très concrète en termes de machine, en particulier sur la découpe laser.  Pour nous c’était un moyen de tester, de faire du prototypage.

David : On voit Plateforme C comme un espace potentiellement collaboratif. Après l’usage qu’on en a ne l’est pas parce qu’on travaille aussi à l’atelier de Jérémie (on a des machines qui sont là-bas). On vient rarement à Plateforme C et quand on vient c’est essentiellement pour un besoin technique. Après ça nous est comme même arrivé de solliciter l‘accompagnement juridique pour la protection de nos créations avec Vladimir et Thomas. On avait déjà rencontré Vladimir (doctorant en propriété intellectuelle) une première fois de manière informelle dans le centre de Nantes et on est revenu ici à une réunion collective pour se renseigner sur le type de licence sous laquelle on pouvait protéger et partager nos créations. Les valeurs de culture libre et de partage qui se retrouvent au sein du fablab nous séduisent énormément et on a découvert auprès de Vladimir et Thomas qu’on pouvait protéger ces idées tout en les diffusant.

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Et comment fonctionnez-vous aujourd’hui ?

Jérémie : Alors nous avons intégré depuis un an une CAE (Coopérative d’Activité et d’Emploi) qui s’appelle lOuvre-Boîte 44. L’objectif d’une CAE c’est d’accompagner les personnes qui ont un projet entrepreneurial mais qui ne veulent pas se lancer dans la création d’une nouvelle entité juridique. Le but étant de tester son activité de façon immédiate tout en ayant un statut, le statut visé étant le salariat. Il y a une période probatoire, dans laquelle nous sommes toujours, de test où toutes les recettes vont servir à financer le salariat.

Sur votre site, vous mentionnez des valeurs qui marquent votre projet, pouvez-vous en parler ?

David : Et bien, elles ne sont pas inhérentes au projet mais ce sont des choses auxquelles on est sensibles dans nos vies privées tous les deux et c’est aussi là-dessus qu’on s’est retrouvés et ça nous a paru cohérent de développer ce projet. On essaye de réduire au maximum notre impact environnemental dans nos créations. Ça devient cohérent avec cette approche de partage parce que dans un fablab on est dans une dimension d’échange. En s’approvisionnant en bois de manière locale, on réduit à la fois notre emprunte carbone et on fait travailler aussi des personnes qui travaillent à côté de chez nous. Le projet est toujours en développement, on garde ça dans un coin de nos têtes, c’est important pour nous et on essaye de tendre vers un idéal le plus sain possible. Je pense que ça nous permet aussi de justifier les prix. Il y a une prise de conscience collective actuellement de qualité. On ne se tourne plus forcément vers ce qui est le moins cher, parce qu’en général si c’est moins cher, c’est que ça n’a pas été produit en France. De voir d’où viennent les matériaux, c’est important pour les gens. Ce ne sont pas seulement nos propres considérations mais aussi ce que les gens commencent à attendre aujourd’hui dans ce qu’ils achètent.

Et combien de temps prenez-vous pour la conception et la fabrication d’un objet ?

Jérémie : Alors de conception, on n’a même pas compté…

David : C’est trop long !

Jérémie : Après de fabrication, je pense que sur une sculpture comme ça on est sur de l’ordre d’une semaine complète.

David : En fait l’idée c’est d’avoir un animal de base et de pouvoir le décliner. Pour l’instant il y a une déclinaison en sculpture et en maquette en modèle réduit à assembler soi-même. On est en train de travailler sur une marche intermédiaire qui sera un jouet de la taille de la sculpture mais à assembler soi-même aussi, ce qui va nous permettre à nous de ne plus avoir d’intervention manuelle ou très peu dessus et donc de réduire le coût total de prix de vente par rapport à une sculpture où on bosse une semaine dessus. Et puis ça permettra de toucher un public qui est sensible à notre univers mais qui n’a pas les moyens de se payer la sculpture, ce qui représente la plus grande partie des personnes qui voient ce qu’on fait. On a une silhouette globale qu’on va décliner, alors la silhouette de la maquette ne va pas être exactement la même que celle de la sculpture. Cette silhouette de base est adaptée à chaque fois pour chacune des échelles et il y a une nouvelle phase de travail pour dessiner spécifiquement la silhouette qui sera adaptée à la taille de l’objet. Par exemple, pour la girafe il y a trois tailles donc, même si globalement on retrouve la même silhouette, il y a trois phases de création pour chacune de ces tailles.

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Et pour finir, avez-vous une anecdote à propos de Plateforme C ?

David : À l’expérience, il y a un truc qui me fait marrer. On se sert 90 % du temps uniquement de la découpe-laser. On commence à maîtriser le process de conception, à connaître la machine, mais à chaque fois qu’on vient ça ne se passe pas comme on a prévu ! C’est assez déstabilisant et en même temps ça permet de relativiser ce qu’on fait parce qu’à chaque fois y a un truc qui fait que c’est pas ce qu’on avait prévu. Malgré la familiarisation avec le logiciel, l’outil, y a toujours plein d’inconnues qui viennent interférer.

Apéro|projets mars 2017: le programme

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Chaque mois, l’apéro|projets vous propose de découvrir un échantillon croustillant de ce qui se trame au fablab !

AU PROGRAMME JEUDI 2 MARS :

#Atelier Lugus, David et Jérémie
Au croisement de l’art et du design, Jérémie et David développent un univers autour du mobilier, de la sculpture et du jouet en intégrant les problématiques environnementales et de diffusion des savoirs dans leur process de création. Ils viendront nous présenter leur travail !

#Visite de fablabs à Paris, retour par Laurent
Après un séjour parisien de deux jours pour la visite d’espaces de fabrication de coworking ou autres par une partie de l’équipe de PiNG, nous vous proposons de faire un retour en images. Nous pourrons échanger sur la nature de chacun des lieux, leurs spécificités et leurs modes de fonctionnement.

#OPENmicro !
Vous avez une info rapide ou de dernière minute à faire passer aux membres de la communauté ? Un appel à coup de main « flash » pour votre projet en cours ? Vous avez repéré un projet / une info / une ressource qui peut intéresser la communauté et souhaitez la partager  ? Le micro est ouvert ! Une seule consigne, vous avez 1 minute top chrono !

Rendez-vous jeudi à 19h !