Fermeture du fablab

En raison des températures, Plateforme C est exceptionnellement fermé du mardi 6 février au samedi 3 mars inclus.

[MAKER À COEUR] Mustafa, un parcours guidé par les rencontres

Nous vous présentons Mustafa : stagiaire chez PiNG dont l’objectif est de croiser les makers évoluant à Plateforme C !

Bonjour Mustafa ! Peux-tu nous dire qui tu es ? ?

Je m’appelle Mustafa Shalan, j’ai 29 ans. Je suis en France depuis 2 ans, avant j’étais prothésiste dentaire en Géorgie. Depuis septembre 2017 je suis en formation à l’École de la deuxième chance et mon projet est de travailler dans la maintenance informatique. Cette école est là pour aider les jeunes sans diplôme et sans le bac à trouver une formation ou un job. Nous avons 5 stages à faire durant notre parcours à l’école : j’en ai déjà fait 3, dont un en maintenance informatique et un en réparation de vélos. Le 4ème stage je le fais en ce moment au fablab Plateforme C !

Comment es-tu arrivé à Plateforme C ?

J’aime beaucoup réparer des choses (comme par exemple mon ordinateur, une lampe, …), un jour ma femme m’a proposé d’aller à Plateforme C. Mais c’était à une période où je ne parlais pas encore bien français, alors l’idée de rencontrer d’autres personnes me faisait un peu peur.

Quelques temps plus tard, après avoir appris un peu mieux le français, un ami m’a reparlé du fablab en me disant que c’est un bon endroit pour rencontrer de nouvelles têtes. Nous avons alors commencé à nous renseigner sur les différents projets menés là-bas. Et, juste après, mon école nous a proposé de participer à un projet durant deux semaines au fablab afin de fabriquer un objet à présenter à la semaine culturelle : c’était l’opportunité parfaite pour moi de découvrir Plateforme C !

Ce projet m’a permis de rencontrer des adhérents et les membres de l’équipe : Adrien, Maëlle, Laurent. Nous avons passé 10 jours en tout à Plateforme C dans le cadre de ce projet et j’ai vraiment aimé l’environnement. Cela m’a mis en confiance pour demander un stage chez PiNG ! Pour moi, ce qui est le plus important au fablab c’est de faire des rencontres, de vivre différentes expériences et différents projets… Même si il fait trop froid là-bas ! (rire)

Sur quoi travailles-tu dans le cadre de ton stage à PiNG ?

L’idée c’était de commencer avec les machines à coudre. Je trouve ces machines très importantes dans la vie de tous les jours : nous avons toujours besoin d’acheter tout et n’importe quoi et souvent c’est trop cher.

La première machine sur laquelle j’ai commencé à travailler au fablab ne fonctionnait pas. Plusieurs personnes travaillent avec et chacun a ses propres réglages, ce qui peut expliquer ce genre de problèmes. J’ai alors demandé de l’aide à un adhérent : nous avons repéré qu’il y avait un souci pour passer le fil dans la machine et, durant deux heures, nous avons essayé de comprendre ensemble pourquoi la machine ne marchait pas.

Pierre-Guillaume, un autre adhérent, est ensuite arrivé. Il était motivé pour nous aider. Nous avons à nouveau passé deux heures à tenter de résoudre le problème mais la machine ne fonctionnait toujours pas. Nous avons cherché sur internet, sur youtube, mais elle refusait de marcher !

Je me suis alors rendu compte que c’est vraiment intéressant de voir comment les gens viennent vers toi et te demandent « Tu as besoin d’aide ? Qu’est ce que tu fais ? Tu connais cette machine ? ». C’est un partage d’expérience, je trouve ça magnifique.

Après tout ça, Pierre-Guillaume a dit qu’il avait une machine chez lui et qu’il la ramènerait le lendemain. C’est ce qu’il a fait et grâce à ça j’ai pu commencer un projet de manteau de pluie. J’ai eu des soucis au niveau du premier matériau que j’ai utilisé, qui était fragile, mais c’est intéressant aussi de faire différents essais.

Ensuite, le plan de mon stage a un peu changé parce que le froid est arrivé et Plateforme C a été fermé pour les deux dernières semaines. J’ai donc été à l’Atelier Partagé du Breil où j’ai continué à peu près sur les mêmes projets mais en changeant certaines choses. Par exemple, j’ai entamé une formation en ligne pour apprendre le langage Python. L’Atelier Partagé (plus calme que la fablab) me permet de me concentrer un peu plus là-dessus. Je travaille également sur un jeu HTML, j’ai commencé à le fabriquer et dessiner une boite sur le logiciel Inkscape. J’attends la réouverture de Plateforme C pour pouvoir la faire avec la découpe laser.

As-tu une idée de projet que tu souhaites réaliser au fablab, après ton stage ?

Je n’ai pas vraiment réfléchi à cela, je veux surtout continuer d’apprendre à Plateforme C. J’ai envie d’observer comment le fablab fonctionne : cela m’intéresse plus que d’avoir un projet précis. Je n’ai pas grand-chose de prévu après le stage, je vais donc revenir à Plateforme C pour continuer à apprendre et, après, je choisirai quelque chose de précis. Je souhaite continuer à croiser du monde, créer et mettre en œuvre un projet ça sera pour plus tard !

Apéro|projets février 2018 : le programme

Chaque premier jeudi du mois à 19h, l’apéro|projets est un temps convivial autour d’un verre dédié à la découverte de ce qui se trame au fablab !

# Nichoir connecté par Jean
Jean, notre maker ornithologue, revient nous parler de son projet de nichoir connecté. L’idée ? Installer une caméra sur un nichoir afin de pouvoir enregistrer et transmettre des images pour suivre en direct la vie des oiseaux. Jean recherche des compétences en Raspberry et réseau pour l’aider à finaliser ce projet commencé il y a un an !
#raspberry #nature #vidéo

# OPENmicro bonnes résolutions / révolutions / évolutions
2018 c’est parti ! Quels sont vos projets ? Les sujets que vous souhaitez explorer, défricher cette année ? Quel objet comptez-vous (enfin) réparer ou fabriquer ? Bref, quelles sont vos bonnes résolutions / révolutions / évolutions numériques en ce début d’année 2018 ?
Venez les partager lors de ce premier Apéro|Projets, et qui sait…peut-être repartirez-vous avec des complices pour la suite ?
#résolutions #révolutions #2018

# Come on Simone
Du 28 juillet au 19 août, Alexia et sa compagne de route participent à l’Europ’raid, le premier raid-aventure en Europe. En 23 jours, elles effectueront 10000km à travers 20 pays avec pour mission d’acheminer 100 kilos de matériel scolaire, sportif ou médical dans une école isolée d’Europe de l’Est. Tout cela en Peugeot 205 !
Les nantaises, qui ont baptisé leur équipe “Come on Simone“, viendront nous parler des préparatifs de cette aventure humanitaire dont une partie s’est déroulé au fablab.
#205 #roadtrip #solidaire

# Point d’étape Chantier de sécurisation du retour CNC
David et Laurent présenteront un point d’étape sur le chantier de sécurisation du routeur CNC et lanceront un appel à coups de main, car il reste encore beaucoup à faire ! Et si vous en doutiez, sachez qu’il y en a pour tous les goûts ! Pêle-mêle, vous pouvez vous investir sur : la mise en sécurité de l’utilisation, la définition d’un protocole d’usage de la machine,de l’automatisme (Arduino, programmation, etc.), l’installation de caméras sur la machine pour suivre l’usinage (conception et impression 3D de pièces de fixation), la mise à jour de la documentation technique sur la machine. Bref, venez nombreux.ses pour rejoindre l’aventure !
#collectif #sécurité #sentierBattu

Apéro|projets décembre 2017 : le programme

Chaque premier jeudi du mois à 19h, l’apéro|projets est un temps convivial autour d’un verre dédié à la découverte de ce qui se trame au fablab !

# Le chant des cigales nantaises par Jean-Loïc
Le groupe des CIGALES propose aux investisseurs solidaires de mobiliser une partie de leur épargne pour soutenir l’activité économique de l’agglomération à travers des sociétés/associations apportant de la valeur sociale, environnementale ou culturelle. Porteurs de projets en recherche de fonds propres, ou fourmis en devenir, venez rencontrer les CIGALES de Nantes Métropole.
#investissement #solidaire #fourmis

# L’AquaLAB de Bio-T-Full par Anthony
Le projet de l’AquaLAB consiste à implanter sur l’île de Nantes un démonstrateur de cultures aquaponiques, avec un double objectif : démocratiser cette technique de culture durable, mais également de produire, à terme, une partie des ressources nécessaires pour démarrer en aquaponie (poissons, plantes, graînes, etc.). L’association Bio-T-Full qui porte le projet, a pour ambition de développer un système aquaponique connecté à un monitoring permettant de mesurer et contrôler les paramètres qui sont essentiels à cette culture (pH, dureté de l’eau, taux de O2, etc…). L’équipe a déjà bien avancé sur la partie Hardware : reste à concevoir, programmer et tester la partie software sur laquelle ils manquent de compétences, mais pas d’idées !
#aquaponie #culturedurable #software

# Ré-imaginer le rôle des technologies dans les paysages vivants par Julien et Theun
Les 7 et 8 décembre, PiNG organise un workshop autour de la création de dispositifs d’interaction avec la nature qui se déroulera en partie au fablab. À quoi pourraient ressembler les machines si elles étaient conçues comme faisant partie intégrante de la nature, en harmonie avec ses flux et ses rythmes ? Julien, chargé de projet à PiNG et Theun, artiste et chercheur transdisciplinaire animateur du workshop, vous raconteront ce qu’il s’y trame. Plus largement, Julien vous présentera le programme Art/Science/Technologie mené par PiNG et les autres activités qui sont prévus dans l’année : indice, il y aura un événement estival en juillet qui commence par un “S”… !
#interaction #nature #technologies #artscience

[MAKER À COEUR] Jean-Pierre, le récupérateur frénétique

Après avoir réussi (tant bien que mal !) à le sortir de l’Atelier Partagé du Breil, Jean-Pierre nous raconte avec générosité et sensibilité son parcours, sa passion pour le bricolage et la récupération dans laquelle il est tombé étant petit.

Bonjour Jean-Pierre ! Peux-tu te présenter ?

Allez curriculum vitae (rire). Je m’appelle Jean-Pierre Hardy, je suis né à La Rochelle et j’ai grandi dans un environnement où mon père accumulait beaucoup de choses, ce que j’ai continué à faire jusqu’à maintenant. Je me rappelle d’un solex et d’un siège tournant à 8 francs. Les premiers bricolages c’était autour de ça avec un petit moteur d’essuie-glaces sous le siège tournant pour le faire bouger, avec des boutons ! Bref. J’ai fait un IUT de Mesures physiques – Électro-technique qui n’a pas spécialement abouti. J’aimais les moteurs mais les mesures physiques c’était bien trop élevé pour moi.

Après le service militaire, il a fallu travailler. Je suis donc arrivé à Nantes. À l’époque ça n’était pas très compliqué de trouver du travail et j’ai commencé dans un petit magasin, rue Paul Bellamy, qui vendait de la Hi-Fi. J’étais au service après-vente donc j’allais réparer des machines un peu partout. C’est d’ailleurs à ce moment là que j’ai entendu pour la première fois le mot « obsolescence », c’était à peu près en 1975. Je suis ensuite rentré dans une autre entreprise de photocopieurs après avoir rencontré un monsieur qui y était revendeur, et j’y suis resté plus ou moins 20 ans. Finalement, la retraite est arrivée, ça a été un moment difficile, de grand stress. Le corps ne suivait plus et je devais me concentrer sur quelque chose pour ne pas rester à rien faire ! Je me suis donc lancé encore plus fort dans la réparation, toujours en restant dans une démarche de récupération.

Pourquoi viens-tu à Plateforme C ?

C’est plutôt pour transmettre. S’il y a une panne ou quelque chose qui pose un soucis dans un projet, j’essaie de trouver ce qui ne fonctionne pas. Ce sont des réflexes de réparation que j’ai dans la tête, je pense. Mais ce qui est très important, c’est de rencontrer des gens, de faire plaisir aux autres. C’est souvent ce que je remarque dans les ateliers que je fréquente : les gens ont le sourire quand ils arrivent à passer entre les mailles de cette logique de consommation et de destruction, de gâchis.

Depuis quand fréquentes-tu l’Atelier Partagé du Breil ?

J’étais déjà venu à l’atelier du Breil avant qu’il n’ouvre, pour faire un gros tri de tout ce qu’il y avait. Je ne connais pas l’historique du lieu, mais sur le moment il y avait dans l’air un désir de créer un atelier à cet endroit. D’ailleurs quand il y a eu le tri, j’ai récupéré des jouets et d’autres choses pour les démonter proprement et enlever cette tâche à PiNG. Après ce temps de montage, l’atelier a commencé à accueillir du monde. C’est drôle, mais j’aime bien quand on prend des photos à cet endroit car on ne voit que les hauts des crânes (rires).

Et pour Plateforme C ?

Pour le fablab, c’était par les gens. J’ai entendu parler d’une soirée où on allait discuter d’obsolescence programmée donc j’y suis allé. Et dans la conversation, j’ai eu écho d’une animation qui allait se dérouler à Bellevue. J’y suis allé en touriste également, toujours avec mes outils, au cas où (rire). D’ailleurs, j’ai sous le coude un projet d’un robot qui s’occuperait de me suivre en portant mes outils. Mais pour en revenir à cet atelier à Bellevue, j’ai rencontré Julien Merlaud qui travaillait à la Ressourcerie de l’île et, de fils en aiguilles, j’en suis arrivé à visiter Plateforme C. Avant, j’étais un solitaire dans mes bricolages, maintenant je suis presque un solidaire ! Je fais les choses pour les autres.

Est-ce que tu peux nous parler d’un projet que tu as réalisé à l’Atelier Partagé ou au fablab ?

On peut parler du Tronchoscope. J’ai récupéré des trucs dans l’atelier de mon ancien travail, juste avant la retraite. Quand j’ai commencé à reprendre pied, au moment où j’ai découvert Plateforme C, je plaisantais avec Maëlle (l’animatrice du fablab) en lui disant que c’était dommage que de semaine en semaine les uns oublient les prénoms des autres. Je me suis donc penché sur la fabrication d’une machine qui prendrait des photos des adhérents qui le voudraient bien. J’ai utilisé une imprimante thermique qui n’a pas coûté un sou (vive la récup’), un pied de lampadaire récupéré à l’Atelier Partagé et une caméra qui était une caméra de surveillance à la base. L’imprimante reconnaissait directement la caméra : pas besoin de passer par un PC. J’essaie de faire des effets avec peu de choses. Il suffit donc d’appuyer sur l’imprimante et la photo sort en une minute. On peut également faire des planches de 4 ou 16 photos, tout ça géré par des petits boutons et pas par de l’électronique.

Maëlle m’a demandé comment on allait l’appeler alors j’ai cherché et, finalement, on est arrivé au Tronchoscope. Ça a sûrement servi pendant un moment à faire ça, des photos des adhérents, et puis c’était sympa parce que j’avais amené des magnets et il y avait les cartes d’adhérents avec la photo sur un tableau. On savait qui était qui, comme ça ça facilitait le contact.

Pour finir, as-tu une anecdote qui te revient en mémoire, que ça soit à Plateforme C ou à l’Atelier Partagé ?

Je me suis retrouvé, un jour à Plateforme C, avec Rémy, à aller voir l’espace de construction de bateaux en face du fablab. On a visité un peu et je suis tombé devant un bloc machine, je ne sais plus à quoi ça servait. J’ai apprécié la manière dont ça avait été fait et construit et on m’a dit que c’était en vrac à cause d’une chaîne cassée et que ça ne marchait plus. Mais, moi je me suis dis que je connaissais ces chaînes là ! Je suis rentré chez moi et j’ai fouillé un peu pour finalement retrouver dans mon stock des chaînes des mêmes dimensions : pile ce qu’il fallait ! La machine a donc pu repartir après ça. C’est la force de la récupération, tu ne sais pas quand est-ce qu’un élément servira, mais ça servira !